Le Cantique des cantiques : Dieu, l’Époux qui attire.
Au milieu de la Bible, entre les Proverbes et Ésaïe, il y a un poème d’amour. Pas un mot sur la loi, presque pas sur Dieu. Un homme et une femme qui se cherchent, se perdent et se retrouvent. Pourquoi est-il là ? Parce que Dieu n’est pas seulement un roi ou un juge. Il est un Époux.
En bref. Pourquoi un poème d’amour est-il dans la Bible ? Ce que le Cantique des cantiques dit de l’amour humain, et ce qu’il révèle de l’intimité avec Dieu : « Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui » (Cantique 2.16).
D’abord, un vrai poème d’amour
Il faut commencer par là. Le Cantique des cantiques est un poème qui célèbre l’amour entre un homme et une femme, avec le désir, la beauté et l’attente. La Bible n’a pas honte du corps ni de l’amour conjugal. Dieu a créé l’homme et la femme, et « cela était très bon » (Genèse 1.31).
Je suis marié, et je suis père de cinq enfants. L’amour conjugal est l’un des endroits où j’ai le plus appris sur Dieu : se donner, attendre, pardonner, se retrouver.

Le saint des saints
Mais très tôt, juifs et chrétiens ont lu ce poème à deux niveaux. Au IIᵉ siècle, Rabbi Akiva disait : tous les Écrits sont saints, mais le Cantique des cantiques est le saint des saints (Mishna, traité Yadayim 3.5). Pour lui, il parlait de l’amour entre Dieu et Israël.
Les prophètes avaient déjà employé ce langage. Dieu dit à son peuple : « En ce jour-là, tu m’appelleras : Mon mari ! » (Osée 2.16). Et le Nouveau Testament va jusqu’au bout : Paul dit que le mariage est « un grand mystère », et qu’il parle « de Christ et de l’Église » (Éphésiens 5.32). L’histoire se termine par des noces : « Les noces de l’Agneau sont venues, et son épouse s’est préparée » (Apocalypse 19.7).
« Entraîne-moi après toi »
Le poème s’ouvre sur ce cri : « Entraîne-moi après toi ! Nous courrons ! » (Cantique 1.4). Ce n’est pas elle qui court la première. Elle demande à être attirée.
C’est le cœur de l’intimité avec Dieu. On ne la fabrique pas. On se laisse attirer. Jésus dit : « Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire » (Jean 6.44). Ta soif de lui est déjà la preuve qu’il t’attire.
« Lève-toi, mon amie, et viens »
Plus loin, le bien-aimé arrive, sautant sur les montagnes. Il regarde par la fenêtre et dit : « Lève-toi, mon amie, ma belle, et viens ! Car voici, l’hiver est passé ; la pluie a cessé, elle s’en est allée. Les fleurs paraissent sur la terre » (Cantique 2.10-12).
Combien d’entre nous restent dans l’hiver alors qu’il est passé ? Dans la honte, dans la peur, dans l’impression de ne pas être assez. Lui ne t’appelle pas « mon projet » ni « mon serviteur ». Il t’appelle « ma belle ».
« Mon bien-aimé est à moi »
« Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui » (Cantique 2.16). Le mot hébreu pour « bien-aimé », c’est דּוֹדִי, dodi (« do-di »), « mon bien-aimé, celui que j’aime ».
Remarque l’ordre. D’abord « il est à moi », puis « je suis à lui ». Avant que je me donne, il s’est donné. « Nous l’aimons, parce qu’il nous a aimés le premier » (1 Jean 4.19). Plus loin dans le poème, l’ordre change : « Je suis à mon bien-aimé, et ses désirs se portent vers moi » (Cantique 7.11). L’amour mûrit. On passe de « ce qu’il me donne » à « ce qu’il désire ».
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L’amour fort comme la mort
À la fin, la bien-aimée demande : « Mets-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras ; car l’amour est fort comme la mort » (Cantique 8.6). Et elle ajoute : « Les grandes eaux ne peuvent éteindre l’amour » (Cantique 8.7).
Pour les chrétiens, cet amour plus fort que la mort a un nom et une croix. Rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu en Jésus (Romains 8.38-39). Ni ta nuit, ni tes chutes, ni ton passé.
Une intimité pure
Un mot de prudence. L’image de l’Époux ne veut pas dire que notre relation avec Dieu ressemble à une relation sentimentale ou charnelle. C’est une image d’alliance, de fidélité, de don total. Elle parle de confiance et d’appartenance, pas d’émotions à fabriquer.
Au XIIᵉ siècle, Bernard de Clairvaux a prêché plus de quatre-vingts sermons sur ce livre, avec cette idée : on ne connaît Dieu qu’en l’aimant. Je parle de lui dans Les mystiques chrétiens.
Jésus, entraîne-moi après toi. Je n’arrive pas à t’aimer tout seul, mais tu m’as aimé le premier. Je sors de l’hiver où je suis resté trop longtemps. Tu es à moi, et je suis à toi. Mets-moi comme un sceau sur ton cœur. Apprends-moi à désirer ce que tu désires. Amen.
En vidéo. Ce temps de soaking de 40 minutes est une invitation à se laisser aimer. C’est la même chose que le Cantique : se laisser attirer. Et chaque jeudi à 21 h, on prie ensemble en direct sur YouTube.
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Questions fréquentes
Pourquoi le Cantique des cantiques est-il dans la Bible ?
C’est d’abord un poème qui célèbre l’amour entre un homme et une femme. Juifs et chrétiens l’ont aussi lu comme une image de l’amour entre Dieu et son peuple, ce que confirment Osée 2.16, Éphésiens 5.32 et Apocalypse 19.7.
Que veut dire « Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui » ?
C’est Cantique 2.16. Le mot hébreu dodi signifie « mon bien-aimé ». L’ordre compte : il s’est donné à nous avant que nous nous donnions à lui (1 Jean 4.19).
Jésus est-il l’Époux de l’Église ?
Oui. Jésus se compare lui-même à l’époux (Marc 2.19), Paul applique le mariage au Christ et à l’Église (Éphésiens 5.32), et la Bible se termine par les noces de l’Agneau (Apocalypse 19.7).
Qui a commenté le Cantique des cantiques ?
Rabbi Akiva l’appelait le « saint des saints » des Écrits (Mishna, Yadayim 3.5). Chez les chrétiens, Origène et surtout Bernard de Clairvaux, qui lui a consacré plus de quatre-vingts sermons au XIIᵉ siècle.